le Liban s’est une nouvelle fois réveillé sur une réalité qu’il connaît trop bien : des tensions sécuritaires, des difficultés économiques et une vie politique enfermée dans un cercle vicieux. Dans ce pays, le temps ne semble pas avancer ; il se répète, avec de nouveaux visages et des crises plus profondes.
À la frontière sud, la situation est revenue au premier plan avec des incursions israéliennes et la destruction de maisons dans des localités frontalières, en violation manifeste des règles d’engagement en vigueur depuis des années. Ces développements ont ravivé la crainte d’une escalade et rappelé aux Libanais que le Sud demeure une ligne de front ouverte, où la stabilité est fragile et peut vaciller à la moindre étincelle. Comme souvent, l’État observe et condamne, tandis que l’inquiétude populaire dépasse tout discours officiel se voulant rassurant.
À l’intérieur du pays, le tableau n’est guère plus clément. De récents rapports internationaux confirment que l’insécurité alimentaire continue de toucher une large partie de la population, avec un nombre croissant de familles incapables de satisfaire leurs besoins essentiels. Le pain n’est plus un détail du quotidien, mais une bataille silencieuse menée au sein des foyers. La crise économique, malgré toutes les promesses, n’est pas entrée dans une phase de redressement ; le pays se contente de « gérer l’effondrement » plutôt que de le résoudre.
Sur le plan politique, des tentatives ont émergé pour réactiver les canaux de communication entre Beyrouth et Damas, notamment autour de dossiers sécuritaires sensibles. Si certains y voient une démarche pragmatique, elle ouvre un large débat sur la souveraineté, les frontières et le rôle du Liban dans la région. Parallèlement, les analyses internationales continuent de lier la situation libanaise aux mutations régionales plus larges, en particulier celles concernant l’Iran et ses alliés.
En conclusion, le 20 janvier 2026 n’avait rien d’exceptionnel en soi. Il constituait plutôt un fidèle reflet de l’état du Liban : un pays perpétuellement au bord des possibles, oscillant entre l’explosion et la résilience, et vivant dans l’espoir que demain offrira ce qu’hier n’a pas su apporter.



