Lors d’un entretien sur la plateforme « Lebanon On », le président du Parti de l’Unification Arabe et ancien ministre, Wiam Wahhab, a mis en garde contre un possible glissement de la Syrie vers une « sédition inter-sunnite ». Il a souligné que les événements de Soueïda ont radicalement changé la donne, affirmant qu’« on ne peut plus parler de l’après-Soueïda comme on parlait de l’avant », compte tenu de la faiblesse du pouvoir central, de la multiplicité des factions et des risques d’escalade.
Abordant les répercussions de la crise syrienne sur le Liban et la région, Wahhab a martele que « personne dans la région n’est prêt à rendre ses armes, qu’il soit petit ou grand ». Il a estimé que la peur existentielle générée par les événements pousse chacun à s’armer davantage, appelant à une approche réaliste de cette phase, fondée sur l’apaisement des tensions internes, l’accélération de la reconstruction et le refus de provoquer toute composante libanaise.
Syrie : « Sédition inter-sunnite » et l’ère de l’après-Soueïda
Wahhab a déclaré qu’il n’excluait pas un « massacre inter-sunnite » en Syrie, résultant d’affrontements potentiels au sein des zones sunnites entre le président Ahmed al-Sharaa et diverses autres parties. Il a souligné que les craintes se sont accentuées après les événements de Soueïda, ajoutant : « Vous ne pouvez plus me parler après Soueïda comme je parlais avant Soueïda. »
Il a estimé que le problème le plus grave est le passage à des agressions « basées sur l’appartenance religieuse et non politique », ce qui rend la crise plus profonde et plus dangereuse pour l’unité de la Syrie et de son voisinage.
« Statut spécial » pour Soueïda et potentiel conseil militaire sur la Côte
Wahhab a évoqué une trajectoire menant vers des arrangements particuliers à Soueïda. Il a affirmé que Soueïda « ne reculera pas », tout en précisant que cela ne signifie pas nécessairement une sécession, mais plutôt un « statut spécial ».
Il a également indiqué avoir « appris » l’existence de « grandes puissances encourageant la création d’un conseil militaire » sur la côte syrienne. Selon lui, l’annonce d’un tel conseil pourrait être le prélude à un « statut spécial » pour la côte, soulignant que ce processus « commence à mûrir ».
Visite en Syrie et noms « sérieux » pour l’unité du pays
Concernant ses allusions à une visite en Syrie, Wahhab a précisé qu’il ne fixait pas de dates précises mais a confirmé qu’il se rendrait dans des « régions syriennes » dans un « avenir à moyen terme ».
Pour prévenir le démantèlement et préserver l’unité de la Syrie, Wahhab a cité des noms qu’il juge « sérieux » pour engager une discussion, notamment :
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Ahmad Moaz al-Khatib
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Manaf Tlass
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Ayman Asfari
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Khaled Mahameed
Il a estimé que proposer de telles personnalités « ouvre la porte au débat » sans pour autant figer une issue finale.
Volet libanais : Armes, négociations et reconstruction
Au sujet du Liban, Wahhab a jugé une escalade militaire totale peu probable à court terme, malgré la poursuite et l’extension possible des frappes quotidiennes. Il est revenu sur les mouvements diplomatiques, notamment l’initiative égyptienne et les propositions de négociations directes. Il a affirmé que l’essentiel n’est pas l’appellation (directe ou non), car les canaux de communication existent déjà, mais le « contenu » : garantir les droits du Liban, aboutir à un retrait effectif, une démarcation claire et lancer le processus de reconstruction.
Enfin, il a insisté sur la nécessité de réduire les provocations internes, avertissant que défier une composante libanaise majeure pourrait plonger le pays dans des tensions dangereuses. Il a appelé à la rationalité, en privilégiant la reconstruction et l’apaisement avant d’ouvrir un débat politique serein sur les dossiers litigieux.



