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Wi’am Wahhab ouvre la « boîte de Damas » : 100 procès-verbaux de réunions et une alerte d’un « mini-11 septembre » à Palmyre

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Dans un nouvel épisode de l’émission Point de vue, diffusée sur Spot Shot le 24 décembre 2025, le président du Parti de l’Unité Arabe, Wi’am Wahhab, a lancé une série de positions escalatoires concernant la Syrie, le Liban et la région. Il est allé de « documents secrets », qu’il affirme avoir obtenus de l’intérieur de Damas, à des mises en garde sécuritaires et politiques sur le littoral syrien et Soueïda, jusqu’à une accusation directe visant les services de la nouvelle administration syrienne, qu’il tient pour responsables d’un assassinat au Liban, assortie d’un appel à des mesures diplomatiques « immédiates ».

Wahhab a précisé que l’ouverture du dossier « Abou Omar » ne relevait ni de la polémique ni de la provocation, mais faisait suite, selon ses termes, à des tentatives sérieuses de « classer l’affaire » et de l’étouffer. Il a expliqué que le recours aux médias visait à empêcher son enterrement politique, estimant que ce qui s’est produit reflète un niveau de « futilité » dans la scène politique libanaise. Il est allé jusqu’à déclarer qu’il envisageait de demander la libération d’« Abou Omar », utilisant un ton sarcastique qui portait néanmoins une accusation directe contre ceux qui ont tenté de contenir le dossier loin des projecteurs.

Dans le même contexte, Wahhab a révélé être en possession d’environ cent documents, qu’il présente comme des procès-verbaux de réunions obtenus de l’intérieur de la Syrie, affirmant qu’il les dévoilera progressivement dans la période à venir. Il a indiqué que parmi ces documents figure le compte rendu d’une réunion ayant rassemblé l’imam Moussa Sadr et l’ancien président syrien Hafez el-Assad en présence de Yasser Arafat, ainsi que d’autres procès-verbaux à caractère archivistique concernant des responsables libanais. Il a estimé que leur contenu est, selon ses mots, « choquant » et révèle la nature des relations politiques à des étapes antérieures.

Wahhab a adressé un appel direct à la direction saoudienne, demandant de rectifier la relation avec les sunnites du Liban, et soulignant que le différend avec une personnalité politique précise — en référence à Saad Hariri — ne justifie pas « l’effacement » d’une composante essentielle de l’équation libanaise. Il a considéré que Hariri demeure l’une des figures les plus rationnelles comparativement à de nombreuses forces actuelles, révélant une erreur qu’il aurait commise en 2006 en ne saisissant pas une ouverture saoudienne à son égard à cette époque. Il a ajouté qu’il ne s’opposait pas à une rencontre avec le prince héritier saoudien et qu’il demandait explicitement un « visa pour le pèlerinage », dans une allusion symbolique à la fois politique et religieuse.

Sur le plan régional, Wahhab a mis en garde contre le fait que l’évolution de la guerre au Yémen pourrait conduire à une fracture durable entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ouvrant potentiellement la voie à des scénarios plus complexes, notamment un approfondissement du rapprochement saoudo-iranien. En parallèle, il a déclaré ouvertement éprouver de l’affection pour la famille Ben Zayed, qualifiant Mohammed ben Zayed de doté d’une intelligence politique supérieure, et liant les points de convergence avec les Émirats à ce qu’il a appelé l’hostilité commune envers l’islam politique, qu’il a décrit en des termes très durs.

L’élément le plus grave de l’entretien a été l’accusation directe de Wahhab contre les services d’Ahmad al-Charaa, qu’il a tenus pour responsables de l’assassinat du jeune Syrien sunnite Ghassan al-Tarmah à l’intérieur du territoire libanais. Il a estimé que cet incident, s’il était confirmé, imposerait une rupture immédiate des relations avec la Syrie, appelant le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, à une démarche officielle par l’envoi d’une lettre de protestation claire au ministère syrien des Affaires étrangères. Il a également averti que laisser les services de sécurité syriens opérer au Liban sans réaction pourrait pousser les gens, selon ses termes, à assurer eux-mêmes leur protection par les armes, ouvrant la voie à un chaos sécuritaire dangereux.

Concernant la Syrie, Wahhab a souligné que le pays n’est pas encore entré dans une phase de stabilité, considérant que ce qui s’est produit à Palmyre a relancé un large débat aux États-Unis, où l’événement a été qualifié dans des cercles américains de « mini-11 septembre ». Il a évoqué des dynamiques internationales émergentes concernant le littoral syrien et Soueïda, tout en mettant en garde contre le fait que le projet de fédéralisation est désormais une réalité, et que la région pourrait se diriger vers l’existence de plusieurs entités sunnites : l’une à Alep et Hama, l’autre à Damas et Homs, si un dialogue interne large n’est pas engagé avant la fixation des frontières de ces fédéralités.

Wahhab a également révélé que le dossier du sud syrien sera à l’ordre du jour d’une réunion attendue entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou le 29 du mois, au cours de laquelle pourrait être évoquée l’idée d’une extension géographique du sud de la Syrie en direction de Naqoura. Dans ce cadre, il a de nouveau proposé la création d’une zone économique dans le sud du Liban, entre les fleuves Awali et Litani, estimant qu’elle pourrait constituer une porte d’entrée vers le développement et la stabilité. Il a ajouté que si cette proposition n’était pas acceptée au Liban, « qu’elle soit appliquée à Soueïda », évoquant des bonds économiques potentiels susceptibles de porter les niveaux de revenus à des chiffres sans précédent.

Wahhab a conclu par un appel clair à l’ouverture d’un dialogue américano–Hezbollah, avertissant que l’alternative serait une catastrophe régionale majeure. Il a déclaré que Washington, selon lui, n’a d’autre choix que de négocier avec la force la plus puissante sur le terrain, s’interrogeant sur les raisons de l’absence d’une rencontre directe entre le député Mohammad Raad et l’ambassadeur américain Michel Issa, à la lumière de ce qu’il a décrit comme un changement des règles du jeu dans la région.

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