Le président du Parti de l’Unité Arabe et ancien ministre, Wi’am Wahhab, a publié sur son compte sur les réseaux sociaux les détails des accords de Paris, qui se présentent comme suit :
Dossier du « projet du Sud » :
Qouneitra : Zone de désengagement démilitarisée, exempte d’armes lourdes, sous garantie européenne, transformée en centre international de surveillance.
Deraa : Maintien de forces locales au sein du cadre de la « sécurité nationale » et retrait des unités lourdes hors des villes.
Objectif : Transformer le sud de la Syrie en une « zone verte » sûre sur le plan économique, capable d’attirer des investissements arabes dans un climat de calme sécuritaire placé sous supervision internationale.
Dossier des points de passage :
Projet de formation d’une « force technique tripartite » pour la gestion du poste-frontière de Nassib et des douanes entre la Syrie et la Jordanie, avec la participation d’une équipe technique européenne.
L’équipe européenne supervisera les scanners et les caméras afin d’empêcher la contrebande de captagon et d’armes — condition essentielle à la reprise des échanges commerciaux avec le Golfe et l’Europe.
Dossier de Soueïda :
La province demeure souverainement intégrée à l’État syrien, mais bénéficie d’une « large autonomie administrative » conformément aux ententes de Paris.
Les ressources (basalte et gaz) restent la propriété de l’État, mais une part de développement de 30 à 40 % est versée directement au trésor de Soueïda pour la reconstruction et l’amélioration des services.
Dossier de la présidence du Conseil des ministres :
Orientation vers la formation d’un gouvernement technocratique afin de garantir la confiance des bailleurs de fonds, avec un veto international sur toute figure de l’ancienne garde d’avant 2024.
Noms proposés :
– Dr Nidal Al-Shaar (le candidat le plus solide sur le plan économique)
– Dr Abeer Hinni (nouveau visage académique)
– Le juge Anwar Majni (si la priorité est donnée à l’État de droit)
Dossier de la souveraineté financière :
Raccordement de la Banque centrale au système SWIFT en échange de la transparence, et adoption d’une livre syrienne unifiée comme unique instrument d’échange afin de garantir l’unité du pays.
Dossier de la campagne d’Alep :
L’armée syrienne consolidera ses positions à Deir Hafir et Maskanah. Le message est clair : la souveraineté sur les axes M4 et M5 appartient exclusivement à l’État, et aucune administration armée ne sera acceptée.
Dossier de la reconstruction et de l’énergie :
Entrée de sociétés européennes telles que « Total » pour la réhabilitation des champs gaziers et du gazoduc arabe, dans le but d’assurer une électricité stable sous six mois.
Dossier de la décentralisation administrative :
Généralisation du modèle de Soueïda aux autres provinces, avec l’élection de conseils locaux chargés de gérer les budgets et les services afin d’alléger la charge du pouvoir central.
Dossier du retour :
Création de bureaux de protection sous la supervision de la Croix-Rouge et des organisations onusiennes afin de garantir la sécurité des rapatriés et d’empêcher toute poursuite sécuritaire à leur encontre.
Le dossier le plus dangereux : les détenus
Aucune reconnaissance internationale ni aucun financement sans « assainissement des prisons ». La France a informé la délégation syrienne que l’amnistie générale constitue la clé de l’Europe.
Les arrestations récentes d’employés et de simples citoyens à Damas et à Alep ont été considérées comme une « ligne rouge ». L’Observatoire euro-méditerranéen a transmis la documentation des cas à Paris.
Exigence : Libération immédiate des nouveaux détenus et formation d’une commission judiciaire indépendante, car la poursuite de l’approche sécuritaire pourrait faire voler en éclats les ententes de Paris.
Phase actuelle :
La délégation syrienne est porteuse d’un projet d’accord non encore signé, qui sera présenté à Damas à Ahmad Al-Sharaa et à la direction pour décision finale.
Des sources parisiennes s’attendent à un accord officiel dans un délai de 48 à 72 heures, à condition qu’aucune escalade sur le terrain — notamment dans la campagne d’Alep — ne fasse s’effondrer la table des négociations.



